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02- les Quatre Fonctions

Les quatre fonctions — Comment ta psyché s’y prend-elle pour comprendre le monde ?

Nous passons nos journées à recueillir des informations et à prendre des décisions.

Nous regardons, ressentons, comparons, imaginons, analysons, pressentons, évaluons.

Le plus souvent sans nous demander comment nous faisons.

Carl Gustav Jung, lui, s’est posé la question.

Il distingue quatre grandes fonctions psychologiques par lesquelles nous appréhendons le monde et nous nous orientons en lui : la Sensation, l’Intuition, la Pensée et le Sentiment.

Ces quatre fonctions ne décrivent pas ce que nous pensons.

Elles décrivent plutôt comment nous nous y prenons pour percevoir une situation puis lui attribuer une valeur ou prendre une décision.

Jung les répartit en deux couples.

La Sensation et l’Intuition sont des fonctions de perception : elles nous renseignent sur ce qui est là — ou sur ce qui pourrait être là.

La Pensée et le Sentiment sont des fonctions de jugement : elles nous permettent d’évaluer ce que nous avons perçu et de nous positionner.

Autrement dit, deux fonctions regardent le monde.

Deux autres décident quoi en faire.

Tout le monde possède les quatre.

Mais rarement avec la même aisance.

Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.

 

La Sensation — « Qu’est-ce qui est là ? »

La Sensation s’intéresse d’abord au réel concret et immédiatement perceptible.

Elle observe les faits, les détails, les données disponibles, ce qui fonctionne, ce qui existe maintenant.

Imagine que tu arrives dans une maison que tu envisages d’acheter.

La Sensation remarque la taille des pièces, l’état des fenêtres, l’humidité éventuelle sur le mur du fond, l’exposition du jardin et cette fissure que l’agent immobilier appelle avec beaucoup de poésie « le charme de l’ancien ».

Elle demande :

« Qu’est-ce que j’ai réellement devant moi ? »

Dans la vie quotidienne, cette fonction permet d’être attentif au concret, aux réalités matérielles et aux informations fournies par les sens.

Elle aime généralement ce qui est observable, vérifiable et praticable.

Lorsqu’elle est bien développée, elle constitue un excellent antidote à cette tendance humaine consistant à élaborer des théories magnifiques sur des choses que personne n’a encore pensé à regarder.

 

Lorsque la Sensation nous aide

La Sensation est particulièrement précieuse chaque fois que le réel réclame notre attention.

Préparer un repas, réparer quelque chose, conduire, jardiner, organiser un voyage, vérifier un budget, observer un symptôme matériel, apprendre un geste technique.

Elle nous ramène au ici et maintenant.

Face à une difficulté, elle peut demander :

« Quels sont les faits ? »

« Qu’est-ce qui fonctionne réellement ? »

« De quoi disposons-nous ? »

« Quelle est la prochaine étape concrète ? »

Ce sont des questions remarquablement utiles.

Surtout lorsqu’une réunion dure depuis deux heures et que neuf personnes discutent du concept général de la pelle pendant que personne n’a encore commencé à creuser.

 

L’excès de Sensation

Sa force peut néanmoins devenir sa limite.

À trop privilégier ce qui est concret, immédiatement observable et déjà connu, nous pouvons négliger les possibilités qui n’existent pas encore.

Une idée nouvelle paraît irréaliste précisément parce qu’elle n’a jamais été réalisée.

Un changement semble inutile parce que le système actuel fonctionne encore.

La Sensation peut alors devenir conservatrice au sens psychologique : elle fait confiance à ce qui a fait ses preuves.

Sa question d’équilibre peut être :

« Et si ce que je ne vois pas encore était également important ? »

Le réel est essentiel.

Mais il possède cette étrange habitude d’avoir été, juste avant d’exister, une possibilité.

 

L’Intuition — « Qu’est-ce qui pourrait être ? »

L’Intuition regarde exactement la même maison.

Mais elle ne voit déjà plus tout à fait la maison.

Elle imagine la cloison abattue, l’atelier dans la dépendance, la terrasse ici, le jardin transformé là.

L’agent immobilier n’a pas encore terminé sa phrase que trois futurs possibles ont déjà emménagé.

L’Intuition perçoit les possibilités, les relations, les évolutions et les significations potentielles.

Elle s’intéresse moins à ce qui est qu’à ce qui pourrait devenir.

Elle procède souvent par bonds.

Une idée en appelle une autre. Deux informations apparemment sans rapport se rencontrent soudain. Une direction apparaît avant même que le raisonnement permettant de l’expliquer soit complètement construit.

Dans sa Lumière, cette fonction nourrit l’invention, l’anticipation, la créativité et la capacité à sortir des cadres existants.

 

Lorsque l’Intuition nous aide

L’Intuition devient précieuse lorsque les solutions habituelles ne fonctionnent plus.

Elle permet d’imaginer une nouvelle activité professionnelle, de pressentir l’évolution d’une situation, de trouver une manière différente de résoudre un problème ou de percevoir une cohérence générale derrière une multitude d’informations dispersées.

Elle est particulièrement à l’aise avec la question :

« Et si… ? »

Deux mots extrêmement courts qui ont probablement causé une proportion considérable des découvertes humaines.

Et quelques catastrophes.

Car l’Intuition adore ouvrir les portes.

Elle est parfois moins enthousiaste lorsqu’il faut ensuite poser le parquet.

 

L’excès d’Intuition

Une Intuition très dominante peut multiplier les possibilités au point de rendre difficile leur réalisation.

Une idée extraordinaire apparaît.

Puis une deuxième, encore meilleure.

La première est abandonnée.

Une troisième arrive.

Six mois plus tard, nous disposons de dix-sept projets absolument remarquables et d’une étagère qu’il faudrait toujours fixer au mur.

L’Intuition peut également négliger les faits qui contrarient une vision séduisante.

Elle gagne donc à demander régulièrement à la Sensation :

« Très bien. Mais qu’est-ce qui existe réellement ? »

Imaginer le pont est une chose.

Vérifier qu’il touche l’autre rive reste une formalité assez recommandée.

 

Pensée et Sentiment : maintenant, il faut choisir

Sensation et Intuition nous fournissent des informations.

Mais percevoir ne suffit pas.

À un moment donné, il faut évaluer, choisir, accepter, refuser.

C’est là qu’interviennent les deux fonctions dites de jugement : Pensée et Sentiment.

Et ici encore, les mots peuvent induire en erreur.

La Pensée ne signifie pas « être intelligent ».

Le Sentiment ne signifie pas « être émotif ».

Une personne chez laquelle le Sentiment domine peut être extrêmement rationnelle.

Une personne orientée Pensée possède évidemment des émotions.

La différence porte sur le critère privilégié pour évaluer et décider.

 

La Pensée — « Est-ce cohérent ? »

La Pensée cherche d’abord la logique, la cohérence et les relations de cause à effet.

Devant un problème, elle analyse.

Elle compare les arguments.

Elle cherche les contradictions.

Elle demande :

« Qu’est-ce qui est logique ? »

« Quelles conséquences cette décision aura-t-elle ? »

« Est-ce que ce raisonnement tient ? »

Reprenons notre maison.

La Pensée compare le prix au marché, estime les travaux, examine les avantages et les inconvénients, calcule la distance jusqu’au travail et commence éventuellement un tableau.

Si le tableau comporte plus de trois onglets, la fonction est probablement en bonne santé.

 

Lorsque la Pensée nous aide

Elle est indispensable pour prendre du recul par rapport à nos préférences immédiates.

Elle permet de reconnaître qu’une idée séduisante est mauvaise, qu’une solution désagréable est peut-être nécessaire ou qu’un argument auquel nous aimerions croire ne résiste pas à l’examen.

Elle structure.

Elle clarifie.

Elle sépare ce que nous savons de ce que nous supposons.

Dans un conflit, elle peut aider à distinguer les faits des interprétations.

Dans une décision financière, elle évite parfois de découvrir après l’achat que « j’avais vraiment un bon feeling » n’est pas une méthode comptable reconnue.

 

L’excès de Pensée

Mais une décision peut être parfaitement logique et humainement désastreuse.

Lorsque la Pensée devient trop dominante, elle peut traiter les valeurs, les émotions et les relations comme des variables secondaires.

Quelqu’un expose une souffrance.

La Pensée repère immédiatement l’erreur de raisonnement.

C’est peut-être exact.

C’est rarement la première chose dont la personne avait besoin.

La cohérence peut également devenir rigidité intellectuelle : si quelque chose ne rentre pas dans le système, nous sommes tentés de conclure que le problème vient de la chose.

La question d’équilibre devient alors :

« Ce qui est logique est-il également juste pour les personnes concernées ? »

Les êtres humains possèdent ce défaut persistant de ne pas être entièrement réductibles à des équations.

Les tableurs s’en consolent difficilement.

 

Le Sentiment — « Qu’est-ce qui compte ? »

Chez Jung, le Sentiment est également une fonction rationnelle de jugement.

Voilà un point essentiel.

Il ne signifie pas être submergé par ses émotions.

Le Sentiment évalue.

Il attribue une valeur : agréable ou désagréable, acceptable ou inacceptable, précieux ou secondaire, conforme ou contraire à ce qui compte pour nous.

Devant la maison, il peut demander :

« Est-ce que je me vois vivre ici ? »

« Est-ce que cette maison conviendra à ceux que j’aime ? »

« Qu’est-ce que je ressentirais en rentrant ici chaque soir ? »

Le raisonnement n’a pas disparu.

Simplement, le critère principal n’est plus seulement la cohérence logique.

C’est la valeur humaine et personnelle de la décision.

 

Lorsque le Sentiment nous aide

Cette fonction joue un rôle majeur dans les relations.

Elle permet de comprendre qu’une décision techniquement excellente peut blesser inutilement quelqu’un, qu’un compromis possède parfois davantage de valeur qu’une victoire ou qu’une situation apparemment avantageuse entre en contradiction avec ce qui compte profondément pour nous.

Elle aide à répondre à une question que la logique seule ne peut pas résoudre :

« Qu’est-ce qui a de la valeur pour moi ? »

On peut établir une liste parfaitement rationnelle des avantages et des inconvénients de deux orientations professionnelles.

Si les deux colonnes arrivent à égalité, il faudra bien qu’une autre fonction entre dans la pièce.

Le Sentiment sait parfois pourquoi nous voulons vivre une vie plutôt qu’une autre.

 

L’excès de Sentiment

Son Ombre apparaît lorsque préserver les valeurs ou l’harmonie conduit à négliger les faits.

Nous pouvons éviter une décision nécessaire parce qu’elle déplaira à quelqu’un.

Accepter une demande que nous devrions refuser.

Maintenir une situation inefficace parce que changer risquerait de créer un conflit.

Ou confondre :

« Je n’aime pas cette conclusion »

avec :

« Cette conclusion est fausse. »

Le Sentiment gagne alors à demander à la Pensée :

« Qu’est-ce que les faits disent, indépendamment de ce que j’aimerais qu’ils disent ? »

Une vérité désagréable conserve malheureusement cette manie inconvenante de rester vraie.

 

Les quatre fonctions autour d’une même décision

Imaginons maintenant que l’on te propose un nouvel emploi dans une autre région.

La Sensation examine le salaire, le logement, les transports, les conditions concrètes et le contenu réel du poste.

L’Intuition imagine ce que cette nouvelle vie pourrait ouvrir : rencontres, possibilités, évolution professionnelle, changement de rythme.

La Pensée compare rationnellement les avantages, les risques et les conséquences.

Le Sentiment demande si cette vie correspond réellement à ce qui compte pour toi et à ceux qui comptent pour toi.

Aucune fonction ne possède à elle seule la réponse.

Mais chacune possède une partie de la question.

C’est probablement l’une des idées les plus fécondes du modèle jungien.

Nos erreurs ne viennent pas toujours de ce que nous avons mal réfléchi.

Elles peuvent venir de ce qu’une fonction n’a simplement jamais été consultée.

 

La fonction dominante

Chez la plupart d’entre nous, une fonction devient plus naturelle.

Nous lui faisons confiance.

Elle intervient rapidement et nous coûte relativement peu d’effort.

Une personne Sensation dira volontiers :

« Restons-en aux faits. »

Une personne Intuition :

« J’ai une idée. »

Une personne Pensée :

« Ce n’est pas logique. »

Une personne Sentiment :

« Ça ne me convient pas. »

Aucune de ces phrases n’est supérieure aux autres.

Elles révèlent simplement l’endroit depuis lequel la psyché commence spontanément son travail.

Le danger apparaît lorsque nous confondons notre manière préférée de comprendre le monde avec la manière correcte de comprendre le monde.

 

La fonction inférieure

C’est ici que Jung devient particulièrement intéressant.

Si une fonction est très développée, sa fonction opposée tend souvent à être moins consciente ou moins facilement maîtrisée.

Sensation et Intuition forment une polarité.

Pensée et Sentiment en forment une autre.

La fonction la moins développée n’est pas simplement une mauvaise version de la fonction dominante.

Elle peut constituer une porte vers une partie moins connue de nous-mêmes.

Une personne très orientée Pensée peut découvrir que les décisions de valeur lui sont plus difficiles qu’elle ne l’imaginait.

Quelqu’un très intuitif peut avoir du mal avec les détails matériels.

Une personnalité Sensation peut se sentir déstabilisée lorsqu’il faut agir sans précédent connu.

Une personne Sentiment peut éprouver davantage de difficulté à maintenir une décision rationnelle lorsqu’elle risque de déplaire.

Et curieusement, c’est souvent lorsque nous sommes fatigués, stressés ou débordés que cette fonction moins maîtrisée choisit de faire son entrée.

Elle possède un sens du timing assez personnel.

 

Quand la fonction inférieure se venge

Prenons quelqu’un très orienté Pensée.

Habituellement calme, analytique et rationnel.

Sous forte pression, il peut soudain devenir étonnamment susceptible ou réagir émotionnellement à quelque chose qu’il aurait normalement relativisé.

À l’inverse, une personne très orientée Sentiment peut, lorsqu’elle est poussée à bout, produire soudain un jugement d’une froideur chirurgicale.

Une personnalité Intuition qui néglige habituellement son corps peut devenir brusquement obsédée par un détail physique.

Une personne Sensation très attachée au concret peut, sous stress, imaginer des scénarios futurs extraordinairement catastrophiques.

Cela ne signifie pas que la fonction inférieure est mauvaise.

Cela signifie qu’elle est moins apprivoisée.

Un membre de la famille que l’on n’invite jamais aux repas finit parfois par entrer par la fenêtre.

 

Dans le couple

Les fonctions psychologiques expliquent également quelques mystères relationnels.

L’un raconte une difficulté professionnelle.

Il attend peut-être du Sentiment :

« Je comprends pourquoi cela t’a blessé. »

Son partenaire, orienté Pensée, répond :

« Tu devrais faire ceci, cela et appeler ton responsable demain. »

La solution est excellente.

La soirée beaucoup moins.

À l’inverse, quelqu’un demande explicitement une solution pratique et reçoit vingt minutes de compréhension empathique alors qu’il voulait simplement savoir comment réparer la chaudière.

Personne n’est nécessairement insensible ou incapable de comprendre.

Les deux personnes n’ont simplement pas utilisé la même fonction au même moment.

Une question peut éviter beaucoup de dégâts :

« Tu veux que je t’écoute ou tu veux qu’on cherche une solution ? »

Elle n’est pas très romantique.

Mais elle pourrait sauver davantage de couples que certaines chansons.

 

Au travail

Les quatre fonctions peuvent devenir une extraordinaire complémentarité.

Dans un nouveau projet, l’Intuition imagine.

La Sensation vérifie la faisabilité.

La Pensée construit le raisonnement.

Le Sentiment évalue l’impact humain et l’adhésion.

Le problème commence lorsqu’une équipe valorise une seule fonction.

Un groupe composé exclusivement d’intuitifs peut produire cent idées et oublier qu’il existe un budget.

Une équipe exclusivement Sensation peut perfectionner admirablement ce qui existe déjà pendant que le monde change autour d’elle.

Une organisation dominée par la Pensée peut devenir très efficace et humainement inhabitable.

Une organisation dominée par le Sentiment peut préserver une excellente ambiance tout en repoussant indéfiniment les décisions qui risqueraient de la troubler.

La diversité psychologique n’est donc pas seulement agréable.

Elle peut être fonctionnelle.

À condition, évidemment, de ne pas passer la réunion entière à expliquer aux autres pourquoi leur cerveau fonctionne incorrectement.

 

Que faire de ton résultat ?

Commence par regarder ta fonction dominante.

Elle représente probablement une ressource que tu utilises déjà quotidiennement.

Il ne s’agit surtout pas de la corriger.

Demande-toi plutôt :

« Dans quelles situations cette manière de fonctionner m’aide-t-elle particulièrement ? »

Puis :

« Dans quelles situations est-ce que je continue à l’utiliser alors qu’une autre fonction serait plus adaptée ? »

C’est la deuxième question qui devient intéressante.

Si la Sensation domine, essaie parfois de demander : « Quelles possibilités est-ce que je ne vois pas encore ? »

Si l’Intuition domine : « Quels faits concrets pourraient confirmer ou contredire mon idée ? »

Si la Pensée domine : « Qu’est-ce qui compte humainement dans cette décision ? »

Si le Sentiment domine : « Qu’est-ce qui reste vrai indépendamment de mes préférences ? »

Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre.

Il s’agit d’ajouter une deuxième fenêtre à une pièce qui n’en avait qu’une.

 

Comment développer la Sensation ?

Reviens volontairement au concret.

Observe un lieu sans l’interpréter.

Décris ce que tu vois, entends, touches.

Lorsque tu envisages un projet, demande-toi : quelles ressources possède-t-on réellement ? Combien cela coûte-t-il ? Combien de temps cela prendra-t-il ? Quelle est la première action observable ?

Pratique des activités qui sollicitent directement les sens et le geste : cuisiner, bricoler, jardiner, marcher, travailler une matière.

La Sensation nous rappelle que nous avons un corps.

Information que l’esprit moderne redécouvre régulièrement avec surprise.

 

Comment développer l’Intuition ?

Autorise-toi à explorer sans chercher immédiatement l’utilité.

Demande :

« Et si nous faisions exactement autrement ? »

Imagine plusieurs futurs possibles.

Cherche des analogies entre des domaines éloignés.

Lorsque tu rencontres une information nouvelle, demande-toi à quoi elle pourrait être reliée.

Laisse parfois une question ouverte suffisamment longtemps pour qu’une réponse inattendue puisse apparaître.

L’Intuition adore les portes entrouvertes.

Il faut simplement penser ensuite à vérifier où elles donnent.

 

Comment développer la Pensée ?

Lorsque tu as une conviction forte, essaie d’en construire l’argument contraire.

Distingue les faits, les interprétations et les conclusions.

Demande-toi :

« Qu’est-ce qui me ferait changer d’avis ? »

Si la réponse est « rien », tu n’es probablement plus en train de raisonner.

Tu défends une forteresse.

Établir quelques critères avant de prendre une décision peut également éviter de les modifier ensuite uniquement parce qu’une option nous plaît davantage.

La Pensée ne sert pas à supprimer le Sentiment.

Elle lui fournit des garde-fous.

 

Comment développer le Sentiment ?

Demande-toi davantage :

« Qu’est-ce qui compte réellement pour moi ici ? »

Pas ce qui est logique.

Pas ce qui est attendu.

Pas ce qui serait le plus efficace.

Ce qui possède de la valeur.

Observe également l’impact de tes décisions sur les personnes concernées.

Lorsque quelqu’un parle, essaie parfois d’identifier ce qu’il ressent avant de chercher la faille dans son raisonnement.

Et entraîne-toi à formuler des jugements de valeur :

« J’aime cela. »

« Je n’aime pas cela. »

« Cela est important pour moi. »

Ce ne sont pas des démonstrations logiques.

Elles n’ont pas besoin de l’être.

 

Le but n’est pas d’obtenir quatre fois 25 %

Comme pour les autres tests, l’équilibre parfait serait une interprétation beaucoup trop comptable de la psyché.

Jung ne proposait pas de transformer l’être humain en camembert.

Une fonction dominante fait partie de notre manière particulière d’être au monde.

L’objectif n’est pas de l’affaiblir jusqu’à ce que toutes les barres du graphique soient identiques.

Il est de devenir suffisamment conscient des autres fonctions pour pouvoir les appeler lorsqu’elles deviennent nécessaires.

Il y a des moments pour analyser.

Des moments pour ressentir.

Des moments pour regarder ce qui est là.

Et des moments pour imaginer ce qui n’existe pas encore.

La maturité psychique consiste peut-être moins à utiliser toujours la bonne fonction qu’à remarquer plus rapidement lorsque celle que nous utilisons n’est pas la bonne.

 

Une expérience à quatre voix

La prochaine fois que tu dois prendre une décision un peu importante, prends quelques minutes et pose successivement quatre questions.

Sensation : « Quels sont les faits et les réalités concrètes ? »

Intuition : « Quelles possibilités cette situation contient-elle ? »

Pensée : « Quelle décision paraît la plus cohérente ? »

Sentiment : « Quelle décision correspond le mieux à ce qui compte réellement pour moi ? »

Ne cherche pas à obtenir quatre réponses identiques.

Au contraire.

Le désaccord est intéressant.

Si trois fonctions disent oui et que la quatrième hurle non depuis le fond de la salle, il peut être prudent de lui demander pourquoi.

Elle n’aura pas nécessairement raison.

Mais elle possède peut-être une information que les autres n’ont pas.

C’est finalement ce que ce test cherche à mettre en lumière.

Nous n’avons pas une seule manière de comprendre le monde.

Nous en possédons au moins quatre.

La Sensation nous dit ce qui est.

L’Intuition nous montre ce qui pourrait être.

La Pensée demande si cela tient.

Le Sentiment demande si cela compte.

Notre fonction dominante nous donne une voix familière.

Les autres élargissent la conversation.

Et peut-être que devenir davantage soi-même ne consiste pas à faire taire notre manière naturelle de fonctionner.

 

Mais à découvrir que, dans notre conseil intérieur, il restait trois chaises que nous avions simplement oublié d’occuper.

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