01 - Introversion / Extraversion
Introversion / Extraversion — Vers où s’oriente ton énergie psychique ?
Les mots introverti et extraverti sont aujourd’hui partout.
On les utilise souvent pour distinguer celui qui aime rester seul avec un livre de celui qui peut entrer dans une soirée où il ne connaît personne et ressortir deux heures plus tard avec trois invitations, quatre numéros de téléphone et une anecdote sur le cousin du serveur.
C’est amusant.
Mais ce n’est pas exactement ce que Carl Gustav Jung entendait.
Chez lui, introversion et extraversion décrivent avant tout deux orientations fondamentales de l’énergie psychique.
Dans l’introversion, cette énergie se tourne davantage vers le sujet : le monde intérieur, les impressions, les représentations, les convictions et les repères personnels.
Dans l’extraversion, elle se tourne davantage vers l’objet : les personnes, les événements, les circonstances, l’action et les informations fournies par le monde extérieur.
Autrement dit, la vraie question n’est pas :
« Aimes-tu les gens ? »
Mais plutôt :
« Quand tu dois comprendre, décider ou retrouver ton équilibre, vers quoi te tournes-tu spontanément ? »
Vers toi-même ?
Ou vers le monde ?
Être introverti ne signifie pas être timide
C’est probablement la confusion la plus fréquente.
Une personne introvertie peut parler en public, diriger une équipe, aimer les fêtes et être extrêmement sociable.
Simplement, elle a tendance à traiter l’expérience à partir de son monde intérieur.
Elle peut avoir besoin de recul avant de répondre.
Réfléchir avant de parler.
Revenir seule sur une conversation.
Conserver une partie importante de ce qu’elle ressent sans éprouver le besoin immédiat de l’exprimer.
La timidité est autre chose.
Elle concerne davantage la peur du jugement ou l’inconfort social.
On peut être introverti sans être timide.
Et extraverti tout en étant très anxieux socialement.
La psyché aime beaucoup compliquer les catégories qui étaient pourtant parfaitement propres sur le papier.
Être extraverti ne signifie pas être superficiel
Même malentendu dans l’autre sens.
Une personne extravertie n’est pas nécessairement bavarde, festive ou constamment entourée.
L’extraversion psychique signifie plutôt que le monde extérieur joue un rôle important dans l’orientation intérieure.
La personne peut réfléchir en parlant.
Comprendre ce qu’elle pense en échangeant.
Se sentir stimulée par l’action, les événements, les rencontres ou les situations nouvelles.
Elle peut avoir besoin de confronter une idée au réel pour savoir ce qu’elle vaut.
L’extraverti n’est donc pas quelqu’un qui n’a pas de vie intérieure.
Il possède simplement une porte d’entrée différente.
Deux façons de répondre à la même question
Imagine qu’on te propose un nouveau travail.
L’introversion demande d’abord :
« Qu’est-ce que j’en pense réellement ? »
Elle examine ce que la proposition produit intérieurement.
Est-ce cohérent avec mes valeurs ?
Est-ce que je me vois vraiment là ?
Qu’est-ce que cela réveille en moi ?
L’extraversion demande plutôt :
« Qu’est-ce que cette situation offre concrètement ? »
Quelles possibilités ?
Quels contacts ?
Quel environnement ?
Que vais-je apprendre ?
Que se passe-t-il si j’essaie ?
Les deux peuvent ensuite utiliser les mêmes informations.
Mais leur premier mouvement diffère.
L’une commence par le dedans.
L’autre par le dehors.
L’introversion — revenir à soi
La force principale de l’introversion réside dans sa capacité à maintenir un centre intérieur.
Une personne introvertie peut conserver son jugement même lorsque l’environnement exerce une forte pression.
Elle peut prendre le temps de réfléchir avant d’adhérer à une opinion collective.
Elle sait parfois très bien travailler seule.
Elle supporte davantage le silence, l’attente, l’élaboration intérieure.
Elle peut être particulièrement attentive à la cohérence entre ce qu’elle vit et ce qu’elle pense profondément.
Dans une réunion où tout le monde s’enthousiasme pour une idée, l’introverti peut être celui qui reste silencieux dix minutes avant de demander :
« Est-ce qu’on est réellement sûrs que c’est une bonne idée ? »
Question souvent accueillie avec enthousiasme.
Surtout après trois heures de PowerPoint.
Lorsque l’introversion nous aide
Elle est précieuse dans toutes les situations qui demandent du recul.
Écriture.
Création.
Recherche.
Analyse.
Décision personnelle.
Travail de fond.
Elle permet également de ne pas être entièrement dépendant de la réaction immédiate du monde extérieur.
Quelqu’un peut critiquer ton travail.
Tu prends en compte la critique.
Mais tu n’es pas obligé de modifier immédiatement ton jugement sur toi-même.
L’introversion fournit une sorte de chambre intérieure où l’expérience peut être reprise avant de devenir une conclusion.
C’est une ressource considérable.
À condition de ne pas fermer la porte à clé.
L’excès d’introversion
Lorsque l’introversion devient trop dominante, le monde intérieur peut prendre tellement de place que la réalité extérieure peine à entrer.
Nous réfléchissons.
Nous imaginons.
Nous préparons.
Nous anticipons.
Puis nous réfléchissons à ce que nous avons anticipé.
Le moment d’agir attend dans le couloir.
L’introverti peut également accorder trop de valeur à son propre jugement et insuffisamment aux informations venues de l’extérieur.
Une conviction intérieure devient alors difficile à réviser.
Ou une situation est tellement élaborée mentalement qu’elle n’a plus grand-chose à voir avec ce qui se passe réellement.
La question d’équilibre devient :
« Qu’est-ce que le monde extérieur pourrait m’apprendre que je ne peux pas découvrir seul ? »
Penser longtemps à une piscine ne remplace pas complètement le fait de mettre un pied dans l’eau.
L’isolement protecteur
Une autre difficulté apparaît lorsque le retrait devient une stratégie systématique.
Après un conflit, certaines personnes ont besoin de solitude.
C’est sain.
Mais si chaque tension conduit à se retirer sans jamais revenir dans la relation, la solitude devient moins un espace de récupération qu’un moyen d’éviter le monde.
Nous pouvons alors nous dire :
« J’ai besoin d’être seul. »
Alors que la phrase complète serait peut-être :
« J’ai besoin d’être seul pour ne pas avoir à gérer ce qui se passe entre nous. »
Les deux existent.
L’important est de savoir laquelle parle.
L’extraversion — rencontrer le réel
L’extraversion apporte une autre qualité essentielle : la capacité à entrer directement en relation avec ce qui existe.
La personne extravertie apprend souvent en faisant.
Elle s’oriente à partir des réactions, des situations et des événements.
Elle teste.
Elle expérimente.
Elle contacte.
Elle ajuste.
Elle peut être particulièrement efficace dans les environnements changeants où attendre d’avoir parfaitement compris signifierait arriver après tout le monde.
Devant une situation incertaine, l’extraverti peut dire :
« Essayons et voyons ce qui se passe. »
Phrase qui a probablement produit une proportion importante des innovations humaines.
Et quelques réparations coûteuses.
Lorsque l’extraversion nous aide
Elle devient précieuse dans la coopération, l’action, la négociation, la découverte et l’adaptation rapide.
La personne extravertie peut facilement demander un avis, solliciter de l’aide ou mobiliser un réseau.
Elle obtient des informations auxquelles une réflexion solitaire n’aurait peut-être jamais accès.
Elle peut également se régénérer dans l’action.
Un problème professionnel apparaît.
Plutôt que d’y penser toute la soirée, elle appelle quelqu’un, recueille des informations et lance une première tentative.
Le réel répond.
Puis elle s’ajuste.
L’extraversion sait que parfois la réponse n’existe pas encore dans notre tête parce qu’elle se trouve dehors.
L’excès d’extraversion
Lorsque l’orientation extérieure devient excessive, le sujet risque de perdre son propre centre.
Que pensent les autres ?
Que faut-il faire ?
Quelle est l’opinion dominante ?
Qu’est-ce qui fonctionne ?
Quelle réaction vais-je obtenir ?
À force de consulter le monde, nous pouvons oublier de nous consulter nous-mêmes.
Une personne peut devenir extrêmement adaptée à son environnement et découvrir qu’elle ne sait plus très bien si la direction suivie lui correspond.
L’extraversion peut aussi produire une difficulté à rester seul avec une question.
Le silence devient inconfortable.
Il faut agir.
Parler.
Demander.
Faire quelque chose.
N’importe quoi, pourvu que la situation cesse d’être immobile.
La question d’équilibre devient alors :
« Qu’est-ce que je pense lorsque personne ne me répond ? »
Question parfois étonnamment difficile.
Dans un conflit
Les différences d’orientation deviennent très visibles.
Après une dispute, l’introverti peut dire :
« J’ai besoin d’un peu de temps. »
L’extraverti :
« Il faut qu’on en parle maintenant. »
Chacun peut considérer le comportement de l’autre comme profondément problématique.
L’un pense :
« Il me poursuit, il ne me laisse pas respirer. »
L’autre :
« Il fuit, il refuse de communiquer. »
En réalité, ils peuvent simplement utiliser deux modes différents de régulation psychique.
L’introverti a besoin de retrait pour retrouver une position intérieure.
L’extraverti a besoin d’échange pour clarifier la situation.
Le conflit devient moins dramatique lorsque chacun comprend cela.
Une solution simple peut être :
« J’ai besoin d’une heure seul, mais je reviens ensuite et on en parle. »
L’un obtient de l’espace.
L’autre obtient une garantie de retour.
La civilisation peut reprendre.
Dans le couple
Une personne introvertie peut aimer profondément quelqu’un tout en ayant besoin de beaucoup de solitude.
Ce besoin peut être interprété comme de la distance affective.
À l’inverse, une personne extravertie peut chercher fréquemment l’échange, le partage ou l’activité commune sans être dépendante.
Elle se régule simplement davantage dans la relation au monde.
Les difficultés apparaissent lorsque chacun interprète l’autre à partir de son propre fonctionnement.
L’introverti pense :
« Pourquoi faut-il toujours faire quelque chose ? »
L’extraverti :
« Pourquoi faut-il toujours rester tranquille ? »
La vérité révolutionnaire est qu’aucun des deux n’a reçu les plans officiels de l’être humain.
Il s’agit seulement de deux besoins différents.
Après une journée difficile
C’est un bon exemple quotidien.
L’introverti rentre et pense :
« Silence. »
L’extraverti rentre et pense :
« J’ai besoin de raconter ma journée. »
Puis ils habitent ensemble.
La suite constitue probablement l’origine de plusieurs ouvrages de psychologie conjugale.
L’équilibre consiste à pouvoir exprimer explicitement le besoin :
« Laisse-moi vingt minutes pour redescendre, puis je suis disponible. »
Ou :
« J’ai besoin de parler cinq minutes, tu n’as rien à résoudre. »
Ce sont de toutes petites phrases.
Elles évitent parfois de transformer un besoin énergétique en jugement moral.
Au travail
L’introverti peut avoir besoin de préparer une réunion avant de s’exprimer.
L’extraverti peut trouver ses meilleures idées pendant la réunion elle-même.
Si l’organisation récompense uniquement les personnes qui parlent vite, elle risque de confondre rapidité d’expression et qualité de réflexion.
À l’inverse, une équipe entièrement tournée vers l’analyse individuelle peut manquer d’expérimentation et d’échange.
Une pratique utile consiste à alterner les formats.
Envoyer les questions avant une réunion.
Laisser un temps de réflexion.
Puis discuter.
Puis permettre un retour écrit.
Cela favorise les deux orientations.
Les meilleures idées ne sont pas toutes celles qui ont réussi à franchir la bouche en premier.
L’énergie sociale
Même si Jung parle d’une orientation plus large que la simple sociabilité, la gestion de l’énergie sociale reste souvent liée.
Certaines personnes peuvent passer plusieurs heures en groupe et se sentir stimulées.
D’autres apprécient exactement le même moment mais ressentent ensuite un besoin important de solitude.
Ce n’est pas nécessairement :
« J’aime les gens » contre « je n’aime pas les gens ».
C’est parfois simplement :
« Où mon système psychique récupère-t-il ? »
Une personne introvertie peut passer une excellente soirée et rentrer ravie.
Puis espérer sincèrement ne voir personne le lendemain.
Ce n’est pas contradictoire.
C’est de la recharge.
Le besoin de validation extérieure
L’extraversion excessive peut devenir dépendance à la réponse extérieure.
Une idée paraît bonne si les autres l’approuvent.
Une décision semble correcte si elle reçoit du soutien.
Un silence peut devenir inquiétant.
Sur les réseaux sociaux, cette dynamique trouve évidemment un terrain idéal.
Nous publions.
Puis regardons.
Réaction ?
Encore une.
Puis une autre.
Le cerveau moderne a réussi à transformer l’attente du regard collectif en activité pouvant être pratiquée toutes les trente secondes.
Si ton orientation extravertie est forte, il peut être utile de demander parfois :
« Si personne ne pouvait réagir à cette décision, est-ce que je la prendrais quand même ? »
L’autosuffisance intérieure
L’introversion excessive possède le piège inverse.
« Je n’ai besoin de l’avis de personne. »
C’est rarement totalement vrai.
Une conviction intérieure peut être forte et néanmoins incorrecte.
Nous avons besoin du monde pour rencontrer les limites de nos représentations.
Une idée que nous trouvons excellente peut devenir beaucoup moins extraordinaire après sa première confrontation avec la réalité.
C’est vexant.
Mais utile.
Une bonne introversion n’est donc pas une forteresse.
Elle ressemble plutôt à une maison avec une porte.
On peut rentrer réfléchir.
Puis ressortir vérifier.
Introversion et intuition
Les deux sont parfois confondues.
Un introverti n’est pas nécessairement intuitif.
Il peut être très concret, factuel et centré sur ses propres expériences.
Inversement, un extraverti peut être extrêmement intuitif et orienté vers toutes les possibilités offertes par le monde extérieur.
C’est là que le test des quatre fonctions complète celui-ci.
Introversion / Extraversion indique la direction générale de l’énergie.
Les quatre fonctions indiquent comment cette énergie perçoit et juge.
Ce sont deux axes différents.
Une combinaison particulière produit une manière de fonctionner particulière.
Voilà pourquoi mettre quelqu’un dans une seule case devient assez rapidement une entreprise de rangement excessivement optimiste.
Introversion et Persona
Même chose ici.
Une personne très introvertie peut développer une Persona extrêmement extravertie dans son travail.
Un conférencier peut être brillant devant cinq cents personnes et ensuite passer deux jours heureux à ne parler qu’à son chat.
La Persona répond aux exigences du rôle.
L’orientation psychique indique davantage où la personne revient spontanément pour retrouver son centre.
Cela explique pourquoi certains professionnels très sociables semblent « changer complètement » lorsqu’ils rentrent chez eux.
Ils ne sont pas faux.
Ils déposent simplement leur uniforme psychique dans l’entrée.
Sous stress
Nos orientations peuvent se rigidifier.
L’introverti sous stress peut se retirer davantage.
Penser encore plus.
Couper les échanges.
Construire seul une interprétation de la situation.
L’extraverti sous stress peut au contraire multiplier les sollicitations.
Parler à tout le monde.
Agir trop vite.
Chercher sans cesse de nouvelles informations ou de nouvelles activités.
Chacun accentue alors précisément son mécanisme préféré.
Ce qui fonctionne jusqu’au moment où la solution devient une partie du problème.
L’introverti aurait parfois besoin d’aller vers quelqu’un.
L’extraverti aurait parfois besoin de fermer la porte.
Le développement psychique commence souvent lorsqu’on apprend à emprunter occasionnellement l’escalier de service de l’autre attitude.
Que signifie un résultat fortement introverti ?
Il suggère que ton orientation intérieure joue actuellement un rôle important.
Tu t’appuies probablement beaucoup sur tes propres impressions, tes représentations et ton jugement personnel.
Tu peux avoir besoin de temps avant de répondre ou de décider.
Ce résultat devient utile si tu observes deux questions :
Est-ce que mon recul me permet de mieux comprendre ?
Ou :
Est-ce qu’il me permet parfois d’éviter l’action ou la confrontation ?
Même comportement extérieur.
Fonction psychique très différente.
Que signifie un résultat fortement extraverti ?
Il suggère que le monde extérieur joue actuellement un rôle majeur dans ton orientation.
L’action, les échanges, les faits ou les réactions des autres peuvent t’aider à comprendre et décider.
Là encore, deux questions :
Est-ce que le contact avec le réel m’aide à m’ajuster ?
Ou :
Est-ce que j’agis parfois pour ne pas rester suffisamment longtemps avec ce qui se passe en moi ?
L’extraversion peut être ouverture.
Elle peut aussi être fuite vers l’extérieur.
Comme l’introversion peut être profondeur ou fuite vers l’intérieur.
Les mêmes portes peuvent servir à entrer ou à sortir en courant.
Et un résultat équilibré ?
Il peut indiquer une assez bonne disponibilité des deux attitudes.
Tu peux revenir à tes repères intérieurs tout en tenant compte de la réalité extérieure.
Réfléchir seul puis confronter tes idées.
Agir puis reprendre intérieurement l’expérience.
Ce profil est souvent souple.
Mais attention : l’équilibre du graphique ne signifie pas que tu utilises toujours les deux attitudes harmonieusement.
Il indique simplement qu’elles semblent accessibles.
Le reste dépend des situations.
Une boîte possède parfois plusieurs bons outils.
Cela ne garantit pas que nous prenions le bon lorsque le tuyau fuit.
Le but n’est pas 50 / 50
Comme toujours, il n’existe aucune raison de considérer le milieu exact comme une perfection.
Certaines personnes possèdent une orientation très nette et fonctionnent admirablement.
L’enjeu est plutôt de savoir si l’autre attitude reste disponible lorsqu’elle devient nécessaire.
Un introverti n’a pas besoin de devenir extraverti.
Il peut simplement apprendre à davantage confronter certaines idées au monde.
Un extraverti n’a pas besoin de devenir introverti.
Il peut développer davantage de temps de réflexion et de validation intérieure.
Il ne s’agit pas de déplacer le centre de gravité.
Il s’agit d’augmenter l’amplitude des mouvements possibles.
Comment développer l’extraversion psychique ?
Si ton orientation intérieure domine fortement, tu peux expérimenter de petites sorties vers le monde.
Parler d’une idée avant qu’elle soit parfaitement terminée.
Demander un retour.
Tester une hypothèse rapidement.
Prendre une petite décision à partir de l’expérience plutôt que de toute l’anticipation possible.
Lorsque tu hésites, demande :
« Quelle information ne pourrai-je obtenir qu’en essayant ? »
Cela ne signifie pas agir sans réfléchir.
Seulement reconnaître qu’une partie du savoir arrive après le premier pas.
Comment développer l’introversion psychique ?
Si ton orientation extérieure domine, crée volontairement de petits espaces sans retour immédiat.
Avant de demander un avis, écris ce que tu penses.
Avant de répondre à une proposition importante, laisse passer un peu de temps.
Éloigne-toi parfois des réactions extérieures.
Pose-toi :
« Qu’est-ce que j’en pense avant de savoir ce que les autres en pensent ? »
Ou :
« Qu’est-ce que je ressens lorsque je cesse momentanément d’agir ? »
Les premières réponses peuvent être floues.
C’est normal.
Une voix que l’on consulte rarement a parfois besoin de tousser un peu avant de commencer.
Une expérience très simple
La prochaine fois que tu dois prendre une décision, fais volontairement les deux mouvements.
D’abord :
Vers l’intérieur.
Que veux-je ?
Qu’est-ce que je pense ?
Qu’est-ce qui me semble juste ?
Qu’est-ce que cette situation produit en moi ?
Puis :
Vers l’extérieur.
Quels sont les faits ?
Que disent les personnes concernées ?
Qu’est-ce que je peux tester ?
Quelles réactions le réel me donne-t-il ?
Ensuite seulement, décide.
L’ordre peut être inversé.
Ce qui compte est d’avoir consulté les deux directions.
Nous commettons parfois des erreurs non parce que nous avons mal réfléchi, mais parce que nous n’avons regardé que d’un côté de la fenêtre.
Une respiration psychique
On peut finalement considérer introversion et extraversion comme deux mouvements d’une même respiration.
L’extraversion va vers le monde.
L’introversion ramène l’expérience vers soi.
Nous sortons.
Nous rencontrons.
Nous agissons.
Puis nous revenons.
Nous intégrons.
Nous comprenons.
Puis quelque chose repart vers l’extérieur.
Un fonctionnement exclusivement extraverti finirait par accumuler des expériences sans suffisamment les intégrer.
Un fonctionnement exclusivement introverti risquerait de produire un monde intérieur de plus en plus riche mais insuffisamment confronté au réel.
La vie psychique a besoin des deux mouvements.
Rencontrer le monde sans s’y perdre.
Revenir à soi sans s’y enfermer.
C’est peut-être cela, finalement, l’équilibre intéressant.
Pas devenir moitié introverti, moitié extraverti.
Mais savoir quand ouvrir la porte et quand la refermer un moment.
Car le monde extérieur possède beaucoup de choses à nous apprendre.
Notre monde intérieur aussi.
Et aucune des deux bibliothèques ne semble avoir reçu l’intégralité de la collection.