7- Test de Projection
Nous ne voyons jamais les autres tout à fait tels qu’ils sont.
Nous les regardons aussi à travers notre histoire, nos attentes, nos blessures, nos désirs, nos peurs et parfois quelques vieux meubles psychiques dont nous avions oublié l’existence.
Carl Gustav Jung appelle projection le mécanisme par lequel nous attribuons à une autre personne des contenus qui appartiennent, au moins en partie, à notre propre monde intérieur.
La projection peut prendre des formes très différentes. Elle peut apparaître dans une admiration excessive, lorsqu’une personne semble soudain posséder toutes les qualités qui nous manquent ; dans une antipathie immédiate, lorsqu’un trait chez l’autre déclenche une réaction étonnamment intense ; ou encore lorsque nous sommes persuadés de connaître ses intentions, ses sentiments ou ses motivations alors que nous disposons finalement de très peu d’éléments pour l’affirmer.
Cela ne signifie évidemment pas que tout ce que nous voyons chez les autres est imaginaire.
Quelqu’un peut parfaitement être arrogant, généreux, manipulateur, brillant ou franchement pénible sans avoir obtenu préalablement l’autorisation de notre inconscient.
La question jungienne est plus subtile : pourquoi cette personne, ce comportement ou cette qualité prend-il autant de place en moi ?
Ce test cherche donc à observer la manière dont la projection semble actuellement intervenir dans tes relations : l’intensité avec laquelle certaines personnes occupent ton monde intérieur, la place de l’idéalisation ou du rejet, ta tendance éventuelle à attribuer des intentions et surtout ta capacité à reprendre une projection, c’est-à-dire à reconnaître ce qui appartient réellement à l’autre et ce que ton propre monde intérieur a peut-être ajouté au portrait.
Car retirer une projection ne signifie pas cesser de voir l’autre.
C’est peut-être, au contraire, commencer enfin à le regarder sans que notre inconscient ait préalablement retouché la photographie.